La résistance électrique mesure l'opposition d'un matériau au passage du courant. Elle s'exprime en ohms (Ω) et est liée à la tension et à l'intensité par la loi d'Ohm (U = R × I). Quatre facteurs déterminent la résistance d'un conducteur : la nature du matériau (sa résistivité), sa longueur, sa section et sa température. Ce guide explique chacun d'eux, avec des exemples concrets, un tableau de résistivités et un calcul simple.
Qu'est-ce que la résistance électrique ?
La résistance (symbole R) traduit la difficulté que rencontre le courant pour circuler. Un ohm (1 Ω) correspond à la résistance qui laisse passer un courant de 1 ampère sous une tension de 1 volt. La loi d'Ohm résume cette relation : U = R × I, où U est la tension en volts (V), R la résistance en ohms (Ω) et I l'intensité en ampères (A). Plus R est faible, plus le courant passe facilement pour une tension donnée.
On distingue deux grandes familles de matériaux : les conducteurs (cuivre, aluminium, nickel, platine), où les électrons circulent facilement, et les isolants (caoutchouc, verre, plastiques), qui s'y opposent fortement. C'est pourquoi un câble associe un cœur métallique conducteur et une gaine isolante.
Les 4 facteurs qui affectent la résistance électrique
1. La nature du matériau : la résistivité
Chaque matériau possède une résistivité (symbole ρ), qui traduit son opposition intrinsèque au courant. À l'échelle microscopique, la résistance provient des collisions entre les électrons libres et les atomes du réseau cristallin, ainsi qu'avec les impuretés et les défauts : chaque collision freine les électrons et dissipe de l'énergie sous forme de chaleur.
| Matériau | Résistivité ρ (Ω·m, à 20 °C) | Type |
|---|---|---|
| Cuivre | ≈ 1,7 × 10⁻⁸ | Excellent conducteur |
| Aluminium | ≈ 2,7 × 10⁻⁸ | Bon conducteur |
| Nickel | ≈ 7,0 × 10⁻⁸ | Conducteur |
| Platine | ≈ 10,6 × 10⁻⁸ | Conducteur |
| Caoutchouc | ≈ 10¹³ et plus | Isolant |
Valeurs indicatives : la résistivité varie légèrement selon la pureté du matériau et les conditions de mesure.
2. La longueur du conducteur
À section égale, la résistance est proportionnelle à la longueur : un fil deux fois plus long oppose environ deux fois plus de résistance, car les électrons subissent davantage de collisions sur leur trajet. Les longues lignes de transport d'électricité utilisent ainsi des câbles de grande section pour limiter les pertes.
3. La section du conducteur
La résistance est inversement proportionnelle à la section : plus un câble est épais, plus sa résistance est faible. Doubler la section divise approximativement la résistance par deux. Ce principe guide le choix des câbles : un circuit de puissance exige des fils plus larges qu'un simple circuit d'éclairage.
4. La température
Dans les métaux, la résistance augmente avec la température : les atomes vibrent davantage et multiplient les collisions avec les électrons. Cette évolution est décrite par un coefficient de température (environ +0,0039 par °C pour le cuivre et le platine, +0,0043 pour l'aluminium et +0,006 pour le nickel, à 20 °C). À l'inverse, la résistance des isolants et des semi-conducteurs diminue généralement quand la température monte. Ce comportement est exploité dans les thermistances ou les sondes de température en platine.
En résumé, une résistance élevée provient d'un matériau peu conducteur ou impur, d'un trajet long et étroit, d'une température élevée (dans les métaux) ou de connexions oxydées ou desserrées qui ajoutent une résistance parasite au circuit.
Formule de la résistance et exemple de calcul
Les quatre facteurs se résument par la formule :
R = ρ × L / A
où R est la résistance en ohms (Ω), ρ la résistivité du matériau (Ω·m), L la longueur du conducteur en mètres (m) et A sa section en mètres carrés (m²).
Exemple : pour un fil de cuivre de 10 m de long et de section 1,5 mm² (soit 1,5 × 10⁻⁶ m²), avec ρ ≈ 1,7 × 10⁻⁸ Ω·m :
R = (1,7 × 10⁻⁸ × 10) / (1,5 × 10⁻⁶) ≈ 0,11 Ω.
Si le fil mesurait 20 m, la résistance doublerait (≈ 0,23 Ω) ; avec une section doublée (3 mm²), elle serait divisée par deux (≈ 0,06 Ω). Ces relations simples permettent d'anticiper le comportement d'un circuit avant de le mesurer.
Exemples de résistance électrique au quotidien
- Le filament d'une ampoule à incandescence : un fil très fin porté à haute température, dont la forte résistance produit de la lumière et de la chaleur.
- Les résistances chauffantes d'un grille-pain, d'un radiateur ou d'un sèche-cheveux : un alliage conçu pour convertir l'électricité en chaleur.
- Les fusibles : un conducteur calibré qui fond lorsque le courant dépasse un seuil.
- Les câbles d'alimentation : du cuivre, choisi pour sa très faible résistivité, protégé par une gaine isolante en plastique ou en caoutchouc.
Pour aller plus loin : des collisions d'électrons à la résistance quantique
Le modèle des collisions explique la plupart des comportements observés, mais la physique moderne l'affine : à très basse température, certains matériaux deviennent supraconducteurs et présentent une résistance nulle, tandis que la métrologie quantique définit une constante de résistance exacte (constante de von Klitzing, égale à h/e², soit environ 25 812 Ω) utilisée pour étalonner les mesures. La résistance apparaît ainsi comme une grandeur à la fois pratique et fondamentalement quantique.
Questions fréquentes sur la résistance électrique
Quelles sont les principales sources de résistance électrique ?
La nature du matériau (sa résistivité), la longueur du conducteur, sa section et la température. À l'échelle microscopique, elle provient des collisions des électrons avec les atomes du réseau, les impuretés et les défauts du matériau.
Pouvez-vous donner quelques exemples de résistance électrique ?
Le filament d'une ampoule et les résistances chauffantes d'un grille-pain présentent des résistances élevées qui produisent de la chaleur ; un câble en cuivre de 10 m de section 1,5 mm² n'offre qu'environ 0,11 Ω ; la gaine en caoutchouc d'un fil est au contraire un isolant à la résistance immense.
Qu'est-ce qui cause une résistance électrique élevée ?
Un matériau peu conducteur ou impur, une grande longueur, une petite section et, pour les métaux, une température élevée. Des connexions oxydées ou desserrées ajoutent également une résistance parasite dans un circuit.
Quels sont les facteurs qui affectent la résistance électrique ?
Quatre facteurs principaux : la résistivité du matériau, la longueur du conducteur, sa section et sa température. Ils se combinent dans la formule R = ρ × L / A, la température modifiant la valeur de ρ.